L’essentiel
- Santé publique France consacre le numéro 474 de sa revue La Santé en action, publié début octobre 2026, à la place des écrans dans l’enfance.
- Le temps d’écran augmente avec l’âge : environ 1 h 30 par jour chez les 3-5 ans et 2 h 30 chez les 9-11 ans, selon l’étude Enabee.
- Les effets sur le sommeil, la sédentarité et la vue sont jugés établis ; les données sur la santé mentale restent incomplètes.
- L’agence plaide pour une prévention collective plutôt que pour des interdictions générales.
Un dossier sur les écrans, du bébé au collégien
Santé publique France a mis en ligne début octobre 2026 le numéro 474 de sa revue La Santé en action, intitulé « Grandir avec les écrans ». Les dates varient selon les sources : les premiers articles de presse datent du 2 octobre, l’actualité de l’agence du 9 octobre. Le dossier couvre toute l’enfance, du lien entre le parent et le bébé jusqu’aux réseaux sociaux au collège, et rassemble des données d’études, des analyses de chercheurs et des retours d’actions de prévention.
Son intérêt pour les parents tient à son ton : il ne cherche pas à culpabiliser, mais à décrire les usages réels et à proposer des repères applicables. Il rappelle aussi la place des écrans dans les foyers : plus de dix appareils à écran en moyenne par foyer, selon les données de l’Arcep et du Crédoc de 2025 citées par le dossier. Dans ce contexte, la tablette de l’enfant n’est qu’un écran parmi d’autres, à côté de la télévision, des smartphones des parents et des consoles. C’est l’ensemble de ces écrans, et pas seulement la tablette, qu’il faut prendre en compte pour fixer des règles à la maison.
Les chiffres du temps d’écran par âge
Le dossier s’appuie sur deux grandes études. D’après l’étude Enabee, le temps d’écran quotidien est d’environ 1 h 30 chez les enfants de 3 à 5 ans et d’environ 2 h 30 chez les 9-11 ans. La cohorte Elfe, qui suit 18 329 enfants nés en 2011, donne des repères plus précoces, mesurés entre 2013 et 2017 :
| Âge | Temps d’écran moyen par jour (cohorte Elfe) |
|---|---|
| 2 ans | 56 minutes |
| 3 ans et demi | 1 h 20 |
| 5 ans et demi | 1 h 34 |
Ces durées sont des constats, pas des recommandations. Le dossier relève d’ailleurs que seuls 13,5 % des parents d’enfants de 2 ans de la cohorte respectaient la règle « pas d’écran avant 3 ans ». Côté effets, le dossier juge établis ceux sur le sommeil, la sédentarité et la vue. Les données sur la santé mentale restent plus incomplètes. Chez les 0-6 ans, les risques sur le développement cognitif paraissent moindres quand l’usage est accompagné par un adulte, ce qui plaide pour regarder les écrans avec l’enfant plutôt que de le laisser seul devant.
La technoférence, l’écran que l’on oublie
Le dossier met en avant une notion encore peu connue : la technoférence. Elle désigne les interruptions des échanges entre le parent et l’enfant causées par les écrans des adultes, le plus souvent le smartphone. Une notification pendant le biberon, un message consulté pendant le bain, un fil d’actualité pendant le jeu : autant de moments où l’attention du parent se détourne de l’enfant. Le site Selectra, qui a analysé le dossier, souligne qu’il s’agit d’un écran que les parents ne comptent presque jamais dans le temps d’exposition de leur enfant.
Les gestes proposés sont simples, et ils concernent autant les adultes que les enfants : éteindre la télévision pendant les repas, éloigner le téléphone pendant le biberon et le bain, regarder les dessins animés avec l’enfant plutôt que de l’y laisser seul. Pour les plus jeunes, la vidéo de Santé publique France ci-dessus, réalisée avec un pédiatre dans le cadre du dispositif des 1000 premiers jours, résume l’intérêt de ces moments sans écran. Ces gestes coûtent peu et améliorent la qualité des échanges, sans demander de supprimer les écrans.
Ce que ça change pour la tablette de votre enfant
Santé publique France ne prend pas position pour des interdictions générales. L’agence défend une approche collective : régulation des plateformes, éducation aux médias et soutien aux parents, plutôt que de faire peser toute la responsabilité sur les familles. Pour la tablette, cela se traduit par quelques choix concrets. Avant 3 ans, mieux vaut ne pas en proposer. Entre 3 et 6 ans, des sessions courtes, choisies et partagées valent mieux qu’un usage libre.
Au-delà, les outils de contrôle parental aident à tenir les règles décidées en famille : limite de temps quotidienne, coupure automatique le soir pour préserver le sommeil, applications validées une par une. Les nouvelles Amazon Kids Tablet proposent même un objectif « Learn First », qui impose la lecture ou les applications éducatives avant les jeux. Notre guide du contrôle parental explique ces réglages pour chaque marque, et notre guide tablette selon l’âge détaille les repères officiels par tranche d’âge. Pensez enfin à l’exemple donné : poser son propre téléphone pendant les temps partagés compte autant que les réglages de la tablette.
Questions fréquentes
Combien de temps d’écran par jour à 3 ans ?
Les repères officiels français recommandent d’éviter les écrans avant 3 ans, puis un usage limité et accompagné jusqu’à 6 ans. Les durées citées par Santé publique France, environ 1 h 30 par jour chez les 3-5 ans selon l’étude Enabee, décrivent ce que font les familles, pas ce qu’il faudrait faire.
Qu’est-ce que la technoférence ?
C’est l’interruption des échanges entre un parent et son bébé par le smartphone du parent : une notification pendant le biberon, un message pendant le bain. Le dossier de Santé publique France la décrit comme un écran que les parents ne comptent presque jamais dans le temps d’exposition de l’enfant.
Santé publique France recommande-t-elle d’interdire les écrans ?
Non. L’agence ne prend pas position pour des interdictions générales. Elle défend une approche collective, avec la régulation des plateformes, l’éducation aux médias et le soutien aux parents, plutôt que de faire reposer toute la responsabilité sur les familles.
Sources
- Santé publique France, 9 octobre 2026
- Selectra, 9 octobre 2026
- Les Nouveaux Parents, 2 octobre 2026